Un an après son inauguration, l’UAPED de Sens confirme sa bonne dynamique
Avec 94 auditions réalisées en 2025, une dynamique partenariale saluée par tous les acteurs et de nouveaux projets en préparation, l’Unité d’Accueil Pédiatrique Enfants en Danger (UAPED) de Sens illustre pleinement l’élan porté par La Voix De l’Enfant depuis plus de 25 ans.
Le 11 mars 2025, l’Unité d’Accueil Pédiatrique Enfants en Danger (UAPED) ouvrait ses portes au sein de l’hôpital de Sens, en présence de Madame Sarah El Haïry, alors nouvellement nommée Haute-Commissaire à l’enfance. Cette inauguration marquait une étape importante dans le maillage territorial du dispositif porté depuis 1999 par La Voix De l’Enfant.
L’UAPED : un dispositif qui fait ses preuves depuis 25 ans
Imaginées dès 1997 par La Voix De l’Enfant, les Unité d’Accueil Pédiatrique Enfants en Danger sont nées d’un constat : celui que la parole des enfants victimes de violences était rarement prise en compte et souvent discréditée. L’idée fondatrice était d’apporter une réponse adaptée aux besoins des enfants victimes tout en conciliant les exigences de l’enquête préliminaire.
Depuis 1999 et l’ouverture de la première unité à Béziers, La Voix De l’Enfant n’a eu de cesse de déployer ce modèle sur l’ensemble du territoire. Leur vocation reste la même aujourd’hui : réunir en un même lieu les compétences pédiatriques, psychologiques, sociales et judiciaires pour mieux accueillir l’enfant, l’écouter, l’orienter et, si nécessaire, engager un parcours de soins.
L’UAPED de Sens s’inscrit dans cette longue histoire.
94 auditions et une méthode qui fait la différence
Le 23 mars 2026, tous les acteurs clés de l’UAPED de Sens se sont réunis lors d‘un comité de pilotage : Madame Julie Colin, procureure de la République de Sens ; Madame Véronique Robin, directrice de l’hôpital ; les équipes soignantes ; les enquêteurs ; et les représentants de La Voix De l’Enfant. Une réunion riche en échanges et porteuse de projets !
En un an, l’UAPED de Sens a réalisé 94 auditions d’enfants. Un chiffre qui, à lui seul, illustre l’utilité immédiate du dispositif dans ce territoire. Mais au-delà des statistiques, c’est une façon de faire qui distingue cette jeune unité.
À Sens, un « pragmatisme joyeux » – selon les mots mêmes employés lors du comité de pilotage – caractérise l’énergie déployée autour de l’unité d’accueil. Au cœur de ce dispositif, la procureure de la République, Madame Julie Colin, joue un rôle central. Elle regroupe les orientations vers l’UAPED et veille à l’équilibre entre les demandes et la capacité de prise en charge de qualité, garantissant que chaque enfant reçoit la meilleure réponse possible.
Une dynamique locale et partenariale
Au-delà des chiffres, c’est toute la dynamique dans laquelle s’inscrit l’UAPED de Sens qui est à saluer : celle d’une Unité d’Accueil Pédiatrique Enfants en Danger capable de se développer à moyens constants et de trouver, dans l’ajustement permanent de ses pratiques, un équilibre entre la qualité de la prise en charge et la réalité de l’activité.
La pluridisciplinarité – médecins, psychologues, enquêteurs, travailleurs sociaux – est reconnue par l’ensemble des acteurs locaux.
« L’UAPED ne se résume pas à une salle d’audition. L’intérêt est le regard croisé entre professionnels », rappelle Madame la procureure.
Ce qui ressort de cette première année, c’est d’abord la qualité du travail partenarial. Magistrats, professionnels de santé, enquêteurs et acteurs de la protection de l’enfance avancent ensemble, avec une volonté commune : mieux répondre aux besoins des enfants victimes de violences.
Cette dynamique repose aussi sur une conviction forte. À Sens, l’accent est mis sur la coopération entre les professionnels, sur le regard croisé entre santé et justice, et sur la fluidité des échanges avec les services d’enquête pour articuler au mieux les temps médicaux, psychologiques et judiciaires. C’est précisément cet esprit pluridisciplinaire qui fait la force historique des UAPED.
Autre signe de cette exigence de qualité : la notion de « retentissement » psychologique mise en place par la psychologue pour mieux repérer les symptômes et les effets des violences sur les enfants accueillis. Une manière concrète de mieux prendre en compte la souffrance de l’enfant dans toute sa complexité.
L’esprit UAPED : se mettre au service des enfants
Le comité de pilotage a également permis de souligner l’approche très concrète développée par l’UAPED de Sens. Son animation est portée par l’« esprit UAPED », empreint de coopération, de pragmatisme et de capacité à avancer ensemble. Cette méthode se traduit notamment par une meilleure articulation entre les besoins de l’enquête et ceux de l’enfant, sans jamais perdre de vue l’objectif premier : protéger, écouter et accompagner.
À Sens, cette logique conduit à accueillir toutes les violences, en priorisant les situations les plus graves et en veillant à maintenir une prise en charge de qualité.
Des défis bien identifiés, des solutions en marche
Un an après son ouverture, l’UAPED de Sens démontre qu’un dispositif bien pensé, porté collectivement et animé par une volonté commune de mieux protéger les enfants, peut très vite trouver sa place sur un territoire.
Cette première bougie n’a donc rien d’un simple anniversaire symbolique. Elle marque surtout le début d’un développement encourageant, au service des enfants victimes de violences et de leur protection.
Toutefois, si les premiers résultats s’avèrent positifs, l’équipe reste lucide quant aux axes de progression. Parmi les chantiers en cours :
- Le renforcement du service de psychologie : la présence de la psychologue (à 40%) est unanimement reconnue comme insuffisante au regard des besoins. Une demande formalisée sera adressée à l’ARS, soutenue par La Voix De l’Enfant.
- Le renforcement de la coopération avec la police, aujourd’hui moins présente que la gendarmerie. Une revue des services est en cours afin de renforcer les liens.
- Le partage de pratiques entre les UAPED du territoire, notamment avec l’unité d’accueil d’Auxerre, facilité par l’ARS.
Ce qui se prépare à l’UAPED de Sens
Loin de s’en tenir à ce premier bilan positif, l’UAPED de Sens prépare déjà la suite. Parmi les projets annoncés figure l’organisation, d’ici cet été, d’une formation de 2 à 3 heures au protocole NICHD et aux différents types de violences, proposée par La Voix De l’Enfant et portée avec la procureure de la République. Cette session, qui pourrait se tenir au tribunal de Sens, serait ouverte aux professionnels de santé, ainsi qu’aux gendarmes et policiers locaux. Une initiative très concrète pour renforcer davantage la culture commune entre les intervenants.
Autre projet porteur de sens : l’intégration future de l’UAPED de Sens dans le dispositif de médiation animale porté par La Voix De l’Enfant. Le programme repose sur l’accueil, au sein de l’unité, d’un chien de soutien mis gratuitement à disposition. Le projet, pensé collectivement depuis plusieurs mois, a déjà trouvé un écho très favorable lors du comité de pilotage.
Enfin, une nouvelle réunion opérationnelle de suivi des activités doit se tenir d’ici l’été 2026, preuve que cette jeune UAPED est déjà entrée dans une logique de consolidation, d’amélioration continue et de projection.
Aidez les enfants victimes de violences à bénéficier d’un accueil et d’une écoute dignes de ce nom
Que ce soit à travers les UAPED ou le dispositif de médiation animale, ensemble, nous apportons du réconfort aux enfants qui en ont le plus besoin.
D’avance, merci pour votre aide : à La Voix De l’Enfant, plus de 80% des dons reçus partent sur le terrain !
Vous pouvez aussi faire un don par virement ou par chèque à l’ordre de La Voix De l’Enfant en l’envoyant à :
La Voix De l’Enfant
Tour ESSOR – 14/16, rue Scandicci
93500 PANTIN
Ou également par virement bancaire en renseignant les coordonnées ci-dessous :
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Un don de 100 euros ne vous coûtera que 25 euros après déduction fiscale !
NB : la photo de couverture a été prise au sein d’une UAPED autre que celle de Sens.
