Au Liban, La Voix De l’Enfant soutient un projet d’art-thérapie porté par ACAPEL
Publié le 16 juillet 2026
Depuis janvier 2026, l’association ACAPEL, membre de La Voix De l’Enfant, déploie un projet d’art-thérapie au sein du Collège de la Sainte Famille Française de Jounieh, au Liban. Dessin, peinture, zumba, chorale et solfège permettent à des enfants issus de familles fragilisées par les bombardements de bénéficier d’un espace d’expression, de création et de mieux-être. Le premier rapport intermédiaire du projet fait état de résultats encourageants.
Depuis plusieurs années, le Liban traverse une crise économique, sociale et politique majeure. L’inflation, l’effondrement de la monnaie, le chômage et les tensions régionales ont fortement dégradé les conditions de vie de nombreuses familles. Les dépenses liées à l’éducation, à la santé ou encore aux activités extrascolaires sont devenues difficiles, voire impossibles à assumer pour une partie de la population.
Accompagner les enfants dans un contexte de crise durable au Liban
Cette situation affecte directement les enfants et les adolescents. Selon les observations rapportées par le Collège de la Sainte Famille Française de Jounieh, certains élèves présentent notamment des signes d’anxiété, des difficultés de concentration, une baisse de leurs activités scolaires ou des comportements perturbateurs. Par ailleurs, environ 35 % des frais de scolarité dus au collège pour l’année scolaire 2025-2026 n’avaient pas encore été réglés au moment de la rédaction du rapport.
Fondé en 1898, le Collège de la Sainte Famille Française accueille aujourd’hui 1 044 élèves, de la maternelle à la terminale, issus de différentes villes de la région de Jounieh et de milieux religieux et socio-économiques variés. Face à la dégradation du bien-être psychologique de nombreux enfants, le psychologue de l’établissement a recommandé la mise en place d’activités susceptibles de leur offrir un moment de détente, d’expression et d’épanouissement.
Un projet porté par ACAPEL avec le soutien de La Voix De l’Enfant
Membre de La Voix De l’Enfant depuis plus de dix ans, l’Association Culture, Arts et Paix pour les Enfants du Liban, ACAPEL, agit en faveur des enfants vulnérables du pays. Elle mène notamment des programmes de parrainage, de soutien à la scolarité, de restauration d’établissements scolaires et d’aide d’urgence.
C’est dans la continuité de cet engagement qu’ACAPEL a lancé, en janvier 2026, un projet d’art-thérapie au sein du Collège de la Sainte Famille Française de Jounieh. Initialement prévu du 2 janvier 2026 au 22 décembre 2027, ce programme doit se dérouler sur deux ans. Son premier rapport intermédiaire couvre la période de janvier à juin 2026.
Le projet poursuit un objectif général : faciliter l’accès des élèves défavorisés à une éducation globale, qui prenne en compte non seulement les apprentissages scolaires, mais aussi les dimensions émotionnelles, sociales et créatives de leur développement.
Son objectif spécifique est d’améliorer le bien-être mental et psychique des enfants bénéficiaires en leur permettant de participer gratuitement à une activité artistique extrascolaire de leur choix.
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Dessin, peinture, danse et musique comme espaces d’expression
Trois types d’activités ont été proposés aux élèves :
- Le dessin et la peinture ;
- La zumba ;
- La chorale et le solfège.
Organisées dans les locaux de l’établissement après les cours, à partir de 14 h 30, les séances se sont déroulées dans l’atelier de peinture, la salle de danse et la salle de piano du collège.
Les animateurs avaient pour mission d’enseigner les techniques propres à chaque discipline, mais aussi de créer un environnement accueillant où les enfants pouvaient expérimenter, développer leur sensibilité artistique et exprimer leur personnalité. Un suivi régulier devait permettre d’observer leur évolution et d’adapter les activités à leurs besoins.
Quatorze élèves accompagnés pendant les deux premiers trimestres
Quatorze élèves, filles et garçons, âgés de 6 à 14 ans, scolarisés du CP à la classe de troisième, ont été retenus pour participer à cette première phase.
La sélection a été réalisée conjointement par les responsables de cycle, la responsable du projet et l’assistante sociale de l’établissement. Elle concernait des enfants présentant des difficultés comportementales et issus de familles confrontées à des situations de grande fragilité :
- Parents sans emploi ou percevant un salaire réduit en livres libanaises ;
- Présence, au sein de la famille, d’une maladie grave nécessitant des traitements coûteux ;
- Situations sociales particulières, telles que le handicap ou le divorce.
Les parents ont été contactés afin que les objectifs et le fonctionnement du programme leur soient présentés. Les élèves ont ensuite pu indiquer plusieurs activités par ordre de préférence, afin que leur participation repose autant que possible sur un choix personnel.
Au deuxième trimestre de l’année scolaire 2025-2026, les quatorze bénéficiaires étaient répartis de la manière suivante :
- Six élèves en dessin et peinture ;
- Cinq élèves en zumba ;
- Trois élèves en chorale et solfège.
Au troisième trimestre :
- Sept élèves ont participé au dessin et à la peinture ;
- Cinq à la zumba ;
- Deux à la chorale et au solfège.
Un enfant ayant quitté le programme à l’issue du deuxième trimestre a été remplacé par un autre élève pour la période suivante. La parité a été globalement respectée : sept filles et sept garçons au deuxième trimestre, puis huit filles et six garçons au troisième trimestre.









Des séances régulières de janvier à juin 2026
Au cours du deuxième trimestre scolaire, dix séances ont été organisées dans chacune des trois disciplines. Les séances de dessin, de peinture et de zumba duraient une heure, tandis que celles de chorale et de solfège duraient une heure trente.
Pour le troisième trimestre, le programme a comporté :
- Cinq séances de dessin et de peinture d’une heure ;
- Dix séances de zumba d’une heure ;
- Six séances de chorale et de solfège d’une heure trente.
Les élèves de zumba ont également participé au spectacle de ballet organisé à la fin de l’année scolaire, le 24 juin 2026. Une cérémonie de clôture a permis de remettre des certificats aux participants afin de valoriser leur implication, les efforts accomplis et les progrès observés.
Les photographies annexées au rapport montrent les enfants en situation de création dans l’atelier de peinture, accompagnés par leur animateur, ainsi que la remise des certificats de participation.
Un transport scolaire pour lever un obstacle supplémentaire
La participation à des activités après les cours supposait également de résoudre la question du retour à domicile. Pour les familles ne pouvant financer ni l’activité ni le transport, l’établissement a donc organisé un service d’autocar en fin de journée.
Cinq enfants en ont bénéficié au deuxième trimestre et cinq au troisième trimestre. Les autocars quittaient le collège à 16 h 30 afin de les reconduire chez eux en toute sécurité.
Cette prise en charge constitue une dimension importante du projet : sans solution de transport, certains enfants n’auraient pas pu participer aux activités proposées, malgré leur gratuité.
Des objectifs éducatifs, sociaux et émotionnels
Parmi les résultats attendus figurent notamment :
- La réduction des comportements perturbateurs et des conflits ;
- Une meilleure gestion des émotions ;
- Le renforcement de la confiance et de l’estime de soi ;
- Le développement des compétences sociales ;
- Une plus grande implication dans la scolarité ;
- L’expression créative et non violente des émotions ;
- Une meilleure inclusion des élèves en difficulté dans la vie scolaire ;
- Le renforcement de l’égalité des chances ;
- Une mobilisation accrue des équipes éducatives autour du bien-être des enfants.
De premiers effets positifs observés
À l’issue des six premiers mois, l’équipe éducative rapporte un impact globalement positif sur les enfants pris en charge.
Les activités leur ont offert un environnement structurant et stimulant où ils ont pu découvrir de nouvelles pratiques, développer divers savoir-faire et créer des liens avec les autres participants.
Le rapport intermédiaire relève notamment des effets favorables sur :
- L’équilibre psychoaffectif ;
- La sociabilité ;
- La créativité et la pensée critique ;
- Le développement des compétences sociales ;
- Le comportement au sein de l’environnement scolaire ;
- L’intégration des enfants au sein de la communauté éducative.
Les élèves étaient très heureux de reprendre une activité extrascolaire, alors que plusieurs d’entre eux avaient dû y renoncer en raison de la dégradation de la situation financière de leur famille.
Ces constats s’inscrivent dans des observations réalisées au cours de la première phase du projet. Ils ne constituent pas, à ce stade, une évaluation clinique ni une mesure définitive de son efficacité. Le programme étant prévu jusqu’en décembre 2027, son suivi dans la durée permettra d’observer plus précisément son évolution et ses effets sur les enfants.



Un projet bénéfique pour les familles et toute la communauté éducative
Au-delà des quatorze bénéficiaires directs, le projet apporte également un soutien aux parents. Ceux-ci peuvent offrir à leur enfant une activité artistique sans avoir à assumer les frais d’inscription ni, le cas échéant, le coût du transport.
L’établissement, les enseignants et l’ensemble de la communauté éducative en sont également bénéficiaires. En favorisant l’inclusion, l’apaisement des comportements et le développement de relations sociales positives, le programme contribue à améliorer le climat scolaire dans son ensemble.
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3 000 euros mobilisés pour la première phase
La première phase du projet, menée du 8 janvier au 24 juin 2026, disposait d’un financement total de 3 000 euros, intégralement pris en charge par ACAPEL.
Les dépenses ont couvert les activités artistiques des quatorze élèves ainsi que le transport scolaire de cinq bénéficiaires par trimestre.
Pour le deuxième trimestre, 918 euros ont été consacrés aux activités et 603 euros au transport. Au troisième trimestre, les dépenses se sont élevées à 685 euros pour les activités et à 668 euros pour le transport.
Le projet en chiffres
- 14 élèves bénéficiaires directs
- 6 à 14 ans, du CP à la troisième
- 3 disciplines artistiques proposées
- Jusqu’à 26 séances selon les activités sur les deux trimestres
- 5 élèves transportés chaque trimestre
- 3 000 euros mobilisés pour la première phase
- 2 années de mise en œuvre prévues
Poursuivre le programme jusqu’en décembre 2027
Dans son courrier de transmission, ACAPEL indique que les premiers résultats du projet répondent aux attentes. L’association espère que ce programme, prévu initialement sur deux ans, pourra continuer à bénéficier du soutien de La Voix De l’Enfant.
Pour l’équipe du Collège de la Sainte Famille Française de Jounieh, cette première phase a permis d’offrir aux enfants issus de milieux fragilisés par la crise un véritable espace d’expression, de créativité et de mieux-être.
La Voix De l’Enfant poursuit ainsi, aux côtés de son association membre ACAPEL, son engagement en faveur de l’accès de chaque enfant à l’éducation, à la culture et aux activités nécessaires à son équilibre et à son épanouissement.



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