Séminaire national des UAPED : ce qu’il faut retenir d’une journée d’échanges pour mieux protéger les enfants victimes de violences

Publié le 22 octobre 2026

Le 15 octobre 2026, La Voix De l’Enfant organisait à Paris le 13e séminaire national des Unités d’Accueil Pédiatriques Enfants en Danger (UAPED). Une journée de réflexion et de partage réunissant professionnels de santé, magistrats, enquêteurs, représentants institutionnels et acteurs associatifs autour d’un objectif commun : améliorer l’accueil, l’écoute et le parcours de soins des enfants victimes de violences. Du déploiement territorial des UAPED à leur coordination nationale, en passant par la médiation animale et la formation des professionnels, retour sur les principaux enseignements de cette journée.

Séminaire national des UAPED : ce qu’il faut retenir d’une journée d’échanges pour mieux protéger les enfants victimes de violences

Organisé au ministère du Travail, de la Santé, des Solidarités et des Familles, ce 13e Séminaire national des UAPED a réuni 160 participants en présentiel et plus de 270 à distance.

Depuis près de trente ans, La Voix De l’Enfant œuvre au développement des UAPED, un dispositif qu’elle a initié dès 1997 pour permettre aux enfants victimes de violences d’être accueillis, entendus et pris en charge dans un environnement adapté, protecteur et sécurisant.

Aujourd’hui, le dispositif a considérablement évolué. Mais au-delà de son déploiement, de nouvelles questions se posent : comment garantir un accompagnement de qualité à chaque enfant, quel que soit son lieu de résidence ? Comment mieux coordonner les professionnels ? Comment assurer la continuité des soins après l’audition ?

Autant de sujets abordés au cours des cinq tables rondes de cette journée, marquée également par les interventions de Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, et de Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance.

1. Un réseau de 155 UAPED : une avancée majeure, mais des disparités persistent

Le premier constat de ce séminaire est celui du chemin parcouru. Initiées par La Voix De l’Enfant, les UAPED constituent désormais un dispositif national de prise en charge des enfants victimes de violences physiques, sexuelles, psychologiques et d’autres formes de maltraitance.

Dans son intervention en fin de matinée, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées, a rappelé que 155 UAPED étaient recensées à ce jour, pour un objectif national de 164 unités, soit 94 % de la cible nationale.

Cette progression témoigne d’une mobilisation collective associant les professionnels hospitaliers, les services de police et de gendarmerie, la justice, les collectivités territoriales et les associations.

Pour autant, l’existence d’une UAPED sur un territoire ne garantit pas nécessairement une prise en charge uniforme dans toute la France. Les échanges ont mis en évidence des différences de fonctionnement entre les unités : modalités d’accueil, disponibilité des professionnels, articulation avec les services d’enquête, accès aux soins psychologiques ou encore continuité de l’accompagnement.

Dans son discours de clôture, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, a rappelé cette exigence :

« L’adresse d’un enfant ne doit jamais décider de la qualité de sa protection », et a appelé à l’instauration d’une coordination nationale des UAPED.

La haute-commissaire a ainsi appelé à dépasser la seule logique de déploiement territorial pour garantir le fonctionnement effectif des unités. L’objectif est désormais de disposer non seulement d’un maillage national, mais d’un réseau de structures pleinement opérationnelles, accessibles et capables d’offrir une réponse pluridisciplinaire aux besoins des enfants victimes.

2. Placer le parcours de l’enfant victime au cœur du fonctionnement des UAPED

La première table ronde, « Accueil et parcours de l’enfant victime dans les UAPED », animée par Me Frédéric Benoist, avocat de La Voix De l’Enfant, était consacrée à l’accueil et au parcours de l’enfant victime.

L’occasion pour le Dr Tania Ikowsky, pédiatre et responsable de l’UAPED Robert-Debré, le Dr Coline Demeurant, médecin généraliste spécialisée en pédiatrie et responsable de l’UAPED d’Angers, et Mme Valérie Gall, docteur en psychologie et responsable de l’UAPED d’Évreux, de rappeler que l’audition judiciaire ne constitue qu’une étape de la prise en charge.

Les enfants peuvent accéder à une UAPED par différentes voies :

  • Réquisition judiciaire ;
  • Consultation médicale ;
  • Orientation par un service de pédiatrie ;
  • Ou signalement d’une situation préoccupante.

Cette diversité des portes d’entrée est essentielle pour identifier les enfants victimes de violences. Mais certains échappent encore au repérage, notamment lorsque les professionnels susceptibles de les rencontrer ne sont pas suffisamment formés.

Au-delà du recueil de la parole, les intervenants ont souligné la nécessité d’évaluer les besoins de chaque enfant dans leur globalité.

Un enfant victime peut ainsi nécessiter un accompagnement psychologique, un bilan orthophonique, une évaluation psychomotrice ou un soutien à la parentalité, notamment lorsqu’il est exposé à des violences conjugales.

L’enjeu est de construire un parcours individualisé, tenant compte de son développement, de ses difficultés et de son environnement familial.

La rapidité de la prise en charge constitue également un facteur déterminant. Comme l’a rappelé Valérie Gall :

« Pour un enfant, un an, c’est une perte de chance énorme. »

Cette intervention souligne la nécessité de réduire les délais d’accès aux consultations et d’engager les accompagnements nécessaires le plus tôt possible. Les échanges ont également insisté sur un point fondamental : assurer un véritable suivi après le passage en UAPED, afin que l’orientation vers les soins se traduise par une prise en charge effective.

3. Renforcer la coopération et la formation des professionnels

La deuxième table ronde s’est intéressée au fonctionnement des UAPED et des équipes pédiatriques régionales référentes enfance en danger (EPRRED). Objectif : répondre à la question suivante : « Faut-il envisager des UAPED de proximité et des antennes mobiles ? »

Les échanges, animés par Mme Sonia Laforge, Conseils, ont mis en lumière l’importance de la coopération entre les différents acteurs impliqués dans la protection de l’enfance.

Pédiatres, médecins légistes, psychologues, travailleurs sociaux, enquêteurs et magistrats apportent chacun une expertise indispensable à l’accompagnement des enfants victimes. Mais cette pluridisciplinarité suppose une organisation qui permet de partager les informations utiles, de coordonner les interventions et de diffuser les bonnes pratiques, point sur lequel ont insisté le Dr Nathalie Vabres, pédiatre et responsable de l’UAPED de Nantes & Santé Protégée, et le Dr Emmanuelle Bosdure, pédiatre et responsable de l’UAPED de Marseille.

La formation constitue un autre enjeu majeur. Nathalie Vabres a notamment rappelé que les professionnels pouvaient aussi apprendre les uns des autres :

« On peut se coformer. »

Cette approche met en valeur les compétences développées localement et souligne la nécessité de favoriser les échanges entre les équipes. Les participants ont également souligné l’intérêt de mieux articuler les missions des EPRRED avec l’expertise des UAPED, afin de renforcer la cohérence des prises en charge.

L’enjeu n’est pas d’imposer un fonctionnement strictement identique à toutes les structures, mais de garantir un socle commun de compétences, de pratiques et de qualité de l’accompagnement.

4. Mieux mesurer l’activité des UAPED pour améliorer leur fonctionnement

Autre sujet abordé au cours de la matinée : la collecte des données et la présentation du référentiel PIRAMIG. Autour de la table, le sujet a rassemblé :

  • Le Dr Barbara Tisseron, pédiatre légiste et responsable de l’UAPED d’Orléans ;
  • M. Frédéric Albert, en charge de la supervision des programmes SI nationaux et outils ministériels et Responsable Sécurité des Systèmes d’information (RSSI) ;
  • Mme Mathilde Moulia, chargée de mission – Prévention et Lutte contre les violences faites aux enfants à la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) ;
  • Et Mme Claire SIxdennier, chargée de mission – violences, médecine légale, psychotraumatisme, à la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).

La question des données est essentielle pour disposer d’une vision nationale du fonctionnement des unités, identifier les besoins et accompagner les évolutions du dispositif. Les échanges ont notamment mis en évidence les difficultés liées à l’hétérogénéité des pratiques de recueil et à la circulation de l’information entre les institutions.

Mais au-delà des indicateurs d’activité, c’est aussi la qualité du parcours de l’enfant qui doit pouvoir être évaluée. Dans son discours, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, a notamment appelé à mesurer les délais d’accueil, la formation des professionnels chargés des auditions et l’accès effectif aux soins :

« Nous avons besoin d’une coordination nationale permanente des UAPED : une coordination capable de fixer une doctrine commune, d’harmoniser les parcours, d’appuyer les unités fragiles, d’organiser les formations pluridisciplinaires, de fiabiliser les équipements, de sécuriser les échanges d’informations et de mesurer non seulement l’activité, mais le résultat pour l’enfant. Combien de temps attend-il avant d’être accueilli ? Est-il auditionné par un professionnel formé ? Accède-t-il réellement aux soins ? L’orientation proposée devient-elle une prise en charge effective ? Voilà les indicateurs qui doivent nous gouverner. »

L’objectif est de disposer d’indicateurs permettant d’identifier les difficultés rencontrées par les équipes, de mieux répartir les moyens et, surtout, d’améliorer concrètement la prise en charge des enfants victimes.

5. La médiation animale : un soutien précieux pour les enfants victimes

La médiation animale a constitué l’un des temps forts de l’après-midi lors de la table ronde « La médiation animale en UAPED : une réponse à la libération de la parole des enfants victimes ». Animée par Mme Catherine Leboul-Proust, secrétaire générale de La Voix De l’Enfant, elle a permis de découvrir les expériences menées avec deux chiens de soutien : Orko, à l’UAPED d’Orléans, et Vita, à l’UAPED d’Évreux. Était aussi présent Ravel de l’UAPED de Saint-Lô.

Aux côtés des professionnels, ces chiens peuvent accompagner les enfants à toutes les étapes de leur parcours : accueil, attente, audition ou examens médicaux. Leur présence vise à favoriser un climat rassurant et à réduire les tensions ressenties par certains enfants.

Mme Marie-Laure Toulmé, infirmière puéricultrice à l’UAPED d’Orléans et référente d’Orko, a partagé son expérience :

« On a beaucoup plus de sourires quand on dit qu’il y a un chien ; les épaules se détendent. »

Orko a ainsi accompagné 260 auditions, pour seulement dix refus de sa présence.

À Évreux, Mme Amandine Berruyer, assistante médico-administrative et référente de Vita, a également évoqué les effets positifs observés chez les enfants. Elle a notamment relaté la situation d’un garçon de 11 ans, particulièrement anxieux, dont les manifestations de stress se sont atténuées après l’intervention de Vita.

« Vita a pleinement trouvé sa place au sein de l’équipe ; elle fait partie du quotidien. Chacun a trouvé sa place et son organisation avec Vita dans les pattes. Elle fait très bien son travail avec les enfants, mais on se rend compte aussi des bénéfices qu’elle nous apporte au quotidien. »

La présence du chien repose toutefois sur le consentement de l’enfant. Celui-ci reste libre d’accepter ou de refuser son accompagnement.

Les deux professionnelles ont également rappelé que l’intégration d’un chien de soutien dans une UAPED exige un investissement important : formation, suivi du bien-être de l’animal, organisation des équipes et engagement personnel des référents.

Ces retours d’expérience illustrent l’intérêt de poursuivre le développement et l’évaluation de la médiation animale, dans le respect des besoins des enfants et du bien-être des chiens.

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6. Une coordination nationale des UAPED : une nécessité largement partagée

La création d’une coordination nationale a constitué l’un des sujets centraux du séminaire.

Malgré le développement du réseau, les professionnels ont souligné l’absence d’une structure permanente capable d’accompagner les unités, de faciliter la résolution des difficultés et de favoriser le partage d’expériences.

Cette problématique a été abordée lors de la dernière table ronde, animée par Mme Martine Brousse, présidente d’honneur de La Voix De l’Enfant, autour de M. Hugo Gilardi, directeur général de l’offre de soins, Mme Dominique Laurens, procureure générale auprès de la cour d’appel de Reims, le Dr Barbara Tisseron, pédiatre légiste et responsable de l’UAPED d’Orléans, et de Mme Valérie Gall, docteur en psychologie et responsable de l’UAPED d’Évreux.

Les échanges ont mis en évidence les difficultés inhérentes au caractère interministériel du dispositif. Les UAPED se situent en effet à l’intersection de plusieurs champs de compétences : santé, justice, sécurité et protection de l’enfance.

Cette richesse constitue également une source de complexité lorsque les pratiques et les décisions des différentes institutions ne sont pas suffisamment coordonnées. Mme Dominique Laurens a notamment insisté sur la nécessité de préserver le modèle pluridisciplinaire des UAPED, qui ne peuvent être réduites à de simples lieux d’audition.

« Cette interministérialité est certes compliquée à mettre en place, mais elle doit vivre et les trois institutions doivent fonctionner selon le même schéma. Il manque une coordination capable d’appuyer toutes ces structures et de vérifier que l’on dispose bien d’un socle minimal de fonctionnement. »

Les témoignages ont également montré à quel point les difficultés locales pouvaient fragiliser le fonctionnement de certaines unités. Le Dr Barbara Tisseron a ainsi évoqué les conséquences d’une modification des pratiques d’orientation des auditions sur l’activité de son unité.

Pour les équipes, une coordination nationale devrait notamment permettre de disposer d’interlocuteurs identifiés, de ressources communes, de formations et de solutions opérationnelles face aux difficultés rencontrées.

Valérie Gall a, quant à elle, souligné l’importance des échanges entre professionnels :

« Il existe de mauvaises situations, mais aussi de bonnes pratiques qui restent malheureusement isolées. »

La question de la forme que pourrait prendre cette coordination a néanmoins suscité des échanges. Si Hugo Gilardi a défendu le renforcement des instances de pilotage interministériel existantes, avec une feuille de route et des responsabilités clairement identifiées, Martine Brousse a, de son côté, rappelé la nécessité de donner une véritable assise institutionnelle à cette coordination.

Pour La Voix De l’Enfant, l’enjeu est de construire une organisation pérenne, capable de soutenir l’ensemble des UAPED tout en préservant leur ancrage territorial.

7. Sarah El Haïry appelle à la création d’un groupement d’intérêt public dédié aux UAPED

Le séminaire s’est conclu par une intervention de Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, qui a apporté un soutien explicite à la création d’une coordination nationale.

Après avoir salué l’engagement des professionnels et le rôle déterminant de Martine Brousse et de La Voix De l’Enfant dans le développement du dispositif, elle a rappelé la mission fondamentale des UAPED :

« Elles réunissent ce que la violence avait dispersé : le soin, la protection, la justice et l’humanité. »

La haute-commissaire a notamment souligné que plus de 130 000 enfants et adolescents avaient bénéficié de cette prise en charge depuis 1997. Elle a également insisté sur la nécessité de garantir un fonctionnement homogène des unités, sans effacer les spécificités et les réussites locales.

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L’annonce majeure de son intervention porte sur la création d’un groupement d’intérêt public (GIP) dédié aux UAPED :

« Nous avons besoin d’une coordination nationale permanente des UAPED : une coordination capable de fixer une doctrine commune, d’harmoniser les parcours, d’appuyer les unités fragiles, d’organiser les formations pluridisciplinaires, de fiabiliser les équipements, de sécuriser les échanges d’informations et de mesurer non seulement l’activité, mais le résultat pour l’enfant. Combien de temps attend-il avant d’être accueilli ? Est-il auditionné par un professionnel formé ? Accède-t-il réellement aux soins ? L’orientation proposée devient-elle une prise en charge effective ? Voilà les indicateurs qui doivent nous gouverner. […] C’est pourquoi je demande aujourd’hui la création d’un groupement d’intérêt public dédié aux UAPED. »

Cette proposition vise à réunir durablement les acteurs institutionnels, hospitaliers, judiciaires, territoriaux et associatifs autour d’une organisation commune. Le futur GIP aurait notamment vocation à soutenir les équipes, mutualiser les outils, harmoniser les parcours, consolider les données et intervenir lorsque l’une des unités rencontre des difficultés.

Sarah El Haïry s’est également déclarée favorable à l’inscription des UAPED dans le Code de la santé publique, conformément à une proposition de la Société française de pédiatrie médico-légale.

Autre priorité réaffirmée : garantir, pour les enfants victimes, une audition unique, filmée et menée par un enquêteur spécialement formé. Tout en rappelant la complémentarité entre les salles Mélanie, dédiées au recueil de la parole, et les UAPED, qui permettent d’inscrire cette audition dans une prise en charge pluridisciplinaire.

Enfin, elle a appelé à poursuivre les efforts engagés jusqu’en 2027 afin d’achever les implantations, de renforcer la conformité des unités, de stabiliser les financements et de garantir la continuité des soins.

Ces annonces constituent une perspective importante pour le réseau des UAPED. La création effective du GIP reste néanmoins à concrétiser.

FAQ : Comprendre les UAPED et les enjeux du 13e séminaire national

Qu’est-ce qu’une UAPED ?

Une Unité d’Accueil Pédiatrique Enfants en Danger (UAPED) est un dispositif hospitalier dédié à l’accueil des enfants et des adolescents victimes ou présumés victimes de violences. Elle permet de réunir, dans un environnement adapté à l’enfant, les professionnels de santé, de la justice et de la protection de l’enfance. Son objectif est de faciliter le recueil de la parole de l’enfant, son évaluation et sa prise en charge, tout en limitant les risques de traumatismes supplémentaires.

Combien d’UAPED existe-t-il en France en 2026 ?

Lors du 13e séminaire national des UAPED, organisé le 15 octobre 2026 à Paris, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a fait état de 155 UAPED recensées sur le territoire national, pour un objectif de 164 unités, soit 94 % de la cible nationale. Ce chiffre témoigne de la progression du déploiement des UAPED, mais ne signifie pas que toutes disposent du même niveau de fonctionnement ou de ressources. L’harmonisation des pratiques et l’égalité d’accès à une prise en charge adaptée demeurent des enjeux majeurs.

Quel est le rôle de La Voix De l’Enfant dans le développement des UAPED ?

La Voix De l’Enfant est à l’origine du dispositif des UAPED et œuvre depuis 1997 à son développement en France. La Fédération accompagne les professionnels, favorise les échanges de bonnes pratiques et organise notamment le séminaire national des UAPED. Elle poursuit également son plaidoyer auprès des pouvoirs publics pour garantir à chaque enfant victime de violences un accueil, une écoute et une prise en charge adaptés, quel que soit son lieu de résidence.

Pourquoi faut-il renforcer la coordination nationale des UAPED ?

La coordination nationale vise à garantir une qualité de prise en charge homogène sur l’ensemble du territoire. Lors du séminaire du 15 octobre 2026, plusieurs intervenants ont souligné la nécessité de mieux partager les pratiques, de renforcer la formation des professionnels et de clarifier les modalités de fonctionnement des unités. L’enjeu est d’éviter que la protection et l’accompagnement d’un enfant ne dépendent des moyens ou de l’organisation propres à son territoire.

Qu’est-ce que le groupement d’intérêt public (GIP) proposé pour les UAPED ?

Un groupement d’intérêt public (GIP) est une structure juridique permettant à différents acteurs publics et, selon sa composition, privés de mutualiser leurs moyens autour d’une mission d’intérêt général. Lors du 13e séminaire national, Sarah El Haïry, haute-commissaire à l’Enfance, a appelé à la création d’un GIP dédié aux UAPED afin de renforcer leur coordination au niveau national. Cette proposition a fait l’objet de discussions entre les intervenants. À la date du séminaire, le 16 octobre 2026, sa création n’était pas actée.

Comment les chiens de soutien émotionnel accompagnent-ils les enfants dans les UAPED ?

Les chiens de soutien émotionnel interviennent auprès des enfants victimes de violences, aux côtés des professionnels des UAPED. Leur présence peut contribuer à apaiser l’anxiété, à créer un climat rassurant et à faciliter l’expression de l’enfant. Lors du séminaire, les expériences menées, notamment à Orléans avec Orko et à Évreux avec Vita, ont illustré l’intérêt de cette médiation animale, qui vient compléter l’accompagnement humain sans s’y substituer.

Quelles sont les principales priorités pour les UAPED après le séminaire de 2026 ?

Le 13e séminaire national a mis en évidence plusieurs priorités : poursuivre le déploiement des UAPED, harmoniser leur fonctionnement, renforcer la formation des professionnels, améliorer le suivi des enfants après leur audition et développer une coordination nationale efficace. Au-delà du nombre d’unités ouvertes, l’ambition portée par La Voix De l’Enfant est de garantir à chaque enfant victime de violences un parcours de protection et de soins adapté à ses besoins.

Des échanges aux actions : poursuivre la mobilisation pour chaque enfant victime

Ce 13e séminaire national des UAPED a permis de mesurer les progrès réalisés depuis la création du dispositif, mais aussi de mettre en lumière les défis qui restent à relever.

Plusieurs priorités se dégagent des échanges : garantir un accès équitable aux UAPED sur l’ensemble du territoire, renforcer la formation et la coopération des professionnels, améliorer le suivi des enfants après leur audition et mettre en place une coordination nationale pérenne.

Ces enjeux rejoignent les convictions portées depuis près de trente ans par La Voix De l’Enfant : la parole d’un enfant victime doit être recueillie dans un environnement protecteur, par des professionnels formés, et s’inscrire dans un véritable parcours de soins.

Au-delà des annonces institutionnelles, cette journée a également rappelé l’importance du partage d’expériences entre les équipes de terrain, dont l’engagement quotidien fait vivre le dispositif.

La Voix De l’Enfant poursuivra sa mobilisation aux côtés des professionnels et des pouvoirs publics pour consolider le réseau des UAPED et faire progresser la protection des enfants victimes de violences.

Car, comme l’a rappelé Sarah El Haïry en conclusion de son intervention :

« Notre ambition ne peut pas être seulement que chaque territoire possède une UAPED. Elle doit être que chaque enfant puisse compter sur elle. »

Protection de l’enfance : soutenez les enfants accueillis dans les UAPED

Nous portons la voix des enfants en détresse, en France et dans le monde. La souffrance d’un enfant ne relève pas de la fatalité.

Avec nos partenaires, nous nous engageons au quotidien pour l’écoute et la défense de tout enfant en détresse, quel qu’il soit et où qu’il soit.

Grâce aux UAPED, des milliers d’enfants victimes de violences sont aujourd’hui accueillis, entendus et accompagnés dans des conditions dignes. Aidez-nous à poursuivre ce combat.

Pour information, le montant de :

  • L’équipement d’enregistrement audiovisuel s’élève à : 11 500 €
  • D’une glace sans tain entre la salle d’audition et la salle technique est de : 1 800 €

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