Violences faites aux enfants : La Voix De l’Enfant mobilisée au Café citoyen de Noisy-le-Sec
Publié le 15 octobre 2026
Comment reconnaître les signes de violences chez un enfant ? Comment réagir face à une situation de maltraitance ? Comment mieux protéger les enfants victimes ? Le 12 octobre 2026, La Voix De l’Enfant participait au Café citoyen de Noisy-le-Sec pour une soirée d'échanges et de sensibilisation consacrée aux violences faites aux enfants. Une rencontre qui a réuni une trentaine de participants autour d'un enjeu majeur : comprendre pour mieux agir.
Pendant près de deux heures trente, Mona Coquart, avocate au Barreau de Paris et de La Voix De l’Enfant, Clara Jones, élève-avocate stagiaire au sein de la Fédération et Martine Brousse, présidente d’honneur, ont partagé leurs connaissances et leurs expériences pour éclairer les participants sur les différentes formes de violences, les moyens de les identifier et les démarches à entreprendre pour protéger les enfants.
Reconnaître les violences faites aux enfants pour mieux les prévenir
Violences physiques, psychologiques, sexuelles, éducatives ou numériques, harcèlement… Les violences faites aux enfants prennent des formes multiples et peuvent survenir dans tous les environnements de leur quotidien : au sein de la famille, à l’école, dans les structures sportives, culturelles ou de loisirs.
Les intervenantes ont notamment rappelé l’importance de ne pas limiter la vigilance aux seules violences physiques, dont les traces peuvent être visibles. Les violences psychologiques et sexuelles, souvent plus difficiles à identifier, nécessitent une attention particulière de la part des adultes.
Un changement soudain de comportement, un repli sur soi, des troubles du sommeil, une énurésie ou encore le refus inhabituel de fréquenter une personne ou un lieu peuvent constituer des signaux d’alerte. Aucun de ces signes ne permet, à lui seul, de conclure à une situation de maltraitance. Ils doivent néanmoins inviter les adultes à être attentifs et, si nécessaire, à solliciter l’aide de professionnels.
La protection des enfants est l’affaire de tous !
Parents, enseignants, éducateurs, professionnels de santé, responsables associatifs, mais aussi citoyens : chacun peut jouer un rôle dans le repérage et la prévention des violences.
Les violences faites aux enfants en chiffres
- 73 % des violences sexuelles sont commises dans le cadre familial et 81 % des auteurs sont des proches de l’enfant.
- Tous les 5 jours, un enfant meurt sous les coups de ses parents ou d’un parent.
- 700 000 à 1 M d’élèves sont concernés chaque année par le harcèlement scolaire.
- 28 % des collégiens et 23 % des lycéens sont victimes de violence en ligne.
Comment réagir lorsqu’un enfant est victime de violences ?
Au-delà du constat, cette rencontre a permis d’aborder une question essentielle : que faire lorsqu’un enfant révèle des violences ou lorsqu’un adulte soupçonne une situation de maltraitance ?
Les échanges ont souligné plusieurs principes fondamentaux :
- Écouter l’enfant avec attention et bienveillance, sans remettre en cause sa parole ni chercher à mener soi-même une enquête.
- Le rassurer et le déculpabiliser, en lui rappelant qu’il n’est pas responsable des violences subies.
- Ne pas multiplier les questions, afin de préserver sa parole et de ne pas influencer son récit.
- Solliciter les professionnels compétents, notamment les professionnels de santé et les services de protection de l’enfance.
- Signaler toute situation préoccupante aux autorités ou aux services compétents pour faciliter la mise en œuvre de mesures de protection.
Comment alerter en cas de suspicion de violence sur mineur ?
Il existe trois principales instances auxquelles s’adresser en cas de suspicion de violence sur mineur.
1/ Dans le cadre d’une information préoccupante, la Cellule de Recueil de traitement et d’évaluation des informations préoccupantes (CRIP) du département de résidence de l’enfant a pour mission de :
- Recueillir l’information sur la situation de danger ou de risque de danger pour l’enfant ;
- Analyser et évaluer la situation de l’enfant et de sa famille ;
- Proposer des mesures administratives adaptées ;
- En cas de danger grave et imminent avéré ou d’infraction commise sur mineur, signaler au Procureur de la République.
Contactez le 119, numéro national dédié à l’enfance en danger, pour obtenir des conseils ou signaler une situation préoccupante.
2/En cas de signalement au Procureur de la République, le Tribunal judiciaire du lieu de commission des faits est saisi.
Le Procureur de la République vérifie si les conditions d’un danger grave et imminent sont réunies ou si une infraction a été commise à l’encontre du mineur. Il peut alors ordonner un placement provisoire (OPP).
3/ Le dépôt de plainte, effectué auprès du commissariat ou de la gendarmerie, ou du Procureur de la République, permet de signaler les faits aux autorités judiciaires et d’engager leur traitement judiciaire.
La présentation des différentes étapes des procédures judiciaires et des dispositifs existants pour accompagner les enfants victimes de violences a ainsi permis aux participants de mieux comprendre les démarches possibles et les responsabilités de chacun dans la protection des mineurs.



Violences faites aux enfants : ce que dit la loi
Selon l’article L119-1 Code de l’action sociale et des familles :
« La maltraitance vise toute personne en situation de vulnérabilité lorsqu’un geste, une parole, une action ou un défaut d’action compromet ou porte atteinte à son développement [physique, affectif, intellectuel et social], à ses droits, à ses besoins fondamentaux ou à sa santé et que cette atteinte intervient dans une relation de confiance, de dépendance, de soin ou d’accompagnement.
Les situations de maltraitance peuvent être ponctuelles ou durables, intentionnelles ou non. Leur origine peut être individuelle, collective ou institutionnelle.
Les violences et les négligences peuvent revêtir des formes multiples et associées au sein de ces situations. »
On parle ainsi de :
- Violence éducative ordinaire
- Violences sexuelles (atteinte ou agression sexuelle, viol, recours à la prostitution de mineur…)
- Violences physiques
- Violences psychologiques
- Négligences
- Harcèlement
- Violences numériques
La Voix De l’Enfant : agir pour protéger et accompagner les enfants victimes
Cette rencontre a également été l’occasion de rappeler l’engagement de La Voix De l’Enfant, qui œuvre depuis 45 ans pour la protection et la défense des droits des enfants, en France et dans le monde. La Fédération agit notamment pour améliorer le repérage des violences, favoriser le recueil de la parole des enfants victimes et renforcer leur accompagnement tout au long de leur parcours.
À ce titre, La Voix De l’Enfant est à l’origine des Unités d’Accueil Pédiatriques Enfants en Danger (UAPED), des dispositifs implantés en milieu hospitalier qui permettent d’accueillir les enfants victimes de violences dans un environnement protecteur et sécurisant, avec l’intervention de professionnels formés.
Les participants ont également pu rencontrer Rétro, fidèle compagnon à quatre pattes de Martine Brousse. Sa présence a permis d’illustrer concrètement l’intérêt de la médiation animale dans l’accompagnement des jeunes victimes.
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Sensibiliser les citoyens pour briser le silence
Les nombreuses questions et les témoignages des participants ont nourri les échanges tout au long de la soirée. Ils ont notamment mis en lumière les difficultés rencontrées pour identifier certaines situations de violence, ainsi que les obstacles susceptibles de freiner leur signalement.
La prévention passe par une meilleure information des adultes, mais aussi par une sensibilisation des enfants à leurs droits, au respect de leur corps et à la possibilité de demander de l’aide.
Pour La Voix De l’Enfant, briser le silence entourant les violences faites aux enfants est une responsabilité collective. Chaque situation repérée, chaque parole entendue et chaque intervention adaptée peuvent contribuer à protéger un enfant.
La Voix De l’Enfant remercie chaleureusement les organisateurs du Café citoyen de Noisy-le-Sec pour leur invitation, ainsi que l’ensemble des participants pour leur écoute, leurs témoignages et la richesse des échanges.
Parce que protéger les enfants commence aussi par informer, sensibiliser et oser agir.
Protection de l’enfance : soutenez les enfants victimes de violences
Nous portons la voix des enfants en détresse, en France et dans le monde. La souffrance d’un enfant ne relève pas de la fatalité. Avec nos partenaires, nous nous engageons au quotidien en faveur de l’écoute et de la défense de tout enfant en détresse, quel qu’il soit et où qu’il soit.
D’avance, merci pour votre aide : à La Voix De l’Enfant, plus de 80 % des dons reçus vont sur le terrain !
Nous avons aussi besoin de vous pour accompagner les enfants victimes.
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Ou par virement bancaire :
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