La Voix De l’Enfant : 45 ans d’engagement et d’action pour les droits de l’enfant
Depuis 1981, La Voix De l’Enfant agit en France et à l’international pour protéger, soigner, accompagner et défendre les enfants victimes de violences, de famine, d’exclusion, d’abandon, sans état civil... Retour sur les dates fondatrices, les combats majeurs et les avancées concrètes menées par la fédération, et toutes celles et ceux qui se mobilisent « à hauteur d’enfant ».
Accueillir la parole des enfants victimes, accompagner les enfants en souffrance, améliorer leur protection, enregistrer leur état civil, soutenir l’accès à l’école, aux soins et aux droits fondamentaux… Depuis 45 ans, La Voix De l’Enfant construit, fédère et agit.
45 années d’engagement pour une idée simple et exigeante : écouter et défendre tout enfant en détresse, quel qu’il soit, où qu’il soit, en France et dans le monde.
45 années d’actions réalisées avec plus de 70 associations membres, engagées dans 82 pays, et ses précieux partenaires privés et institutionnels.
À l’occasion de son 45e anniversaire, La Voix De l’Enfant revient sur ses grands moments fondateurs et les nombreuses victoires remportées, année après année, pour l’effectivité des droits des enfants.
1981 : une fédération née du terrain
L’histoire démarre en 1981, au retour d’une mission à la frontière du Cambodge, en plein génocide. Plusieurs responsables associatifs décident de poursuivre l’action engagée auprès des enfants dans l’horreur des camps de réfugiés et créent une fédération d’associations.
Le 20 juillet 1981, La Voix De l’Enfant est officiellement déclarée, sous l’impulsion notamment de Martine Brousse, cofondatrice, de Jean Fernand-Laurent, premier président, et de personnalités telles que Stéphane Hessel, premier président d’honneur.
Sa mission :
« Rassembler les énergies, les compétences et les moyens, dénoncer les violations dont sont victimes les enfants en France et dans le monde, relayer l’information transmise par ses associations membres et être force de proposition afin d’apporter des réponses appropriées aux besoins des enfants. »
Ce choix fondateur – agir ensemble plutôt que de manière isolée – va devenir l’ADN de La Voix De l’Enfant, conçue dès le départ comme une force collective : une organisation qui fédère pour agir plus efficacement, plus fort et plus durablement.

Les années 80 : le plaidoyer et la loi
La fédération a un seul parti : l’enfant.
Dès ses premières années, La Voix De l’Enfant entend agir en faisant évoluer les lois pour protéger durablement les enfants souffrants, victimes, touchés dans leur intégrité physique et morale. Considérant que la souffrance d’un enfant ne relève pas de l’ordre de la fatalité, La Voix De l’Enfant interpelle les pouvoirs publics pour améliorer la protection de tout enfant, quel qu’il soit, où qu’il soit, et soumet des propositions de loi pour rendre effectives les mesures nécessaires aux besoins fondamentaux de l’enfant.
De façon concomitante, La Voix De l’Enfant mène plusieurs actions marquantes comme présentées ci-après.
1987 : intervention à Madagascar pour sauver, protéger et alerter
L’un des premiers succès opérationnels majeurs ! L’association intervient pour sauver 297 enfants ramassés par des bennes à ordures et déversés dans les anciens abattoirs d’Antananarivo, où ils survivent dans des conditions inhumaines.
L’association reçoit le Prix des Droits de l’Homme de la République française, en reconnaissance de son action de terrain autant que de son engagement public.

1989 : la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE)
La Voix De l’Enfant participe activement à l’élaboration du Livre blanc diffusé au moment de l’adoption de la CIDE par les Nations Unies. C’est un tournant : l’enfant n’est plus seulement un être à protéger, il devient un sujet de droit.
Les années 90 : répondre aux conflits et aux urgences humanitaires
La décennie 90 marque l’entrée de la fédération dans l’action humanitaire à grande échelle lors de crises géopolitiques majeures. Ces années posent les piliers de l’engagement de la fédération : être au plus près des enfants, dans l’urgence si nécessaire, tout en élaborant et construisant des réponses collectives et structurantes.
1992 : l’urgence au cœur du conflit en Bosnie
Dès le début des années 90, la fédération se mobilise dans le contexte du conflit armé en Bosnie, en organisant des convois humanitaires pour apporter des secours d’urgence, et reçoit à nouveau le Prix des Droits de l’Homme de la République française. Elle réalisera, pour la partie « enfants » l’Opération Femmes d’Europe à la demande de Mesdames Simone Veil et Elisabeth Guigou.
1994 : peser sur les politiques de protection de l’enfance
En 1994, La Voix De l’Enfant est missionnée par la ministre déléguée aux Droits de l’Homme et à l’Action humanitaire (Madame Michaux-Chevry) pour animer un groupe de travail visant la création d’un Observatoire de la protection des enfants dans le monde.
Cette même année, le monde est bouleversé par le génocide des Tutsis au Rwanda.
1996 : structurer la réponse collective face au Rwanda
Au lendemain du génocide, plusieurs associations de la fédération se mobilisent pour les milliers d’orphelins, posant les bases de programmes de reconstruction psychologique et sociale qui dureront des années. Parmi les actions menées : création d’une Commission Enfants Rwanda, élaboration d’une Charte pour mieux coordonner les acteurs et participation à l’évacuation et à l’accueil en France de plusieurs centaines d’enfants victimes du génocide.

Dans la même période, La Voix De l’Enfant réunit aussi les acteurs associatifs autour de la situation des enfants des rues à Madagascar, via un forum franco-malgache. Objectif : partager les pratiques et les programmes, et démultiplier l’impact.
Les années 2000 : un tournant en France, accueillir la parole des enfants victimes
Alors que la fédération grandit (elle regroupe aujourd’hui 70 associations membres), elle structure ses interventions en France face aux violences intrafamiliales et sexuelles. La Voix De l’Enfant impulse en effet un changement majeur : créer des lieux adaptés pour accueillir les enfants victimes et recueillir leur parole.
1999 – 2002 : les premières UAPED
Les UAPED (ex-Unités d’Accueil Médico-Judiciaires Pédiatriques en milieu hospitalier – UAMJP) sont nées d’un constat : la parole des enfants victimes de violences est rarement prise en compte et souvent discréditée. C’est en partant de ce constat qu’ont été pensés des lieux uniques en milieu hospitalier où l’enfant victime peut être entendu par les enquêteurs dans un cadre sécurisant, examiné par des médecins et soutenu par des psychologues.
Un véritable tournant qui ouvre la voie à un enjeu central et sociétal : recueillir la parole de l’enfant dans un cadre protecteur, avec une équipe pluridisciplinaire de professionnels formés et une prise en charge coordonnée.
Imaginée dès 1997 au cours de travaux menés au sein de La Voix De l’Enfant, la première « Permanence d’Accueil en milieu hospitalier pour les enfants victimes de violences sexuelles » voit le jour en janvier 1999 à Béziers, inaugurée par la Garde des Sceaux, Madame Elisabeth Guigou. Une convention est ensuite signée en 2002, avec la ministre de l’Enfance, Madame Ségolène Royal, et l’équipe de Mâcon.
2004 : soutenir les victimes du tsunami en Asie
Après le tsunami du 26 décembre 2004, La Voix De l’Enfant et ses associations membres déjà présentes sur le terrain se mobilisent avec un partenaire (E. Leclerc) pour une aide inscrite dans la durée, 5 ans, notamment en Inde (Tamil Nadu), au Sri Lanka et en Thaïlande, prouvant sa capacité à fédérer les énergies en temps de catastrophe naturelle.

Les années 2010 : des programmes phares qui « font école »
Outre le développement des UAPED, les années 2010 sont marquées par le développement d’un certain nombre de programmes, en France et à l’international.
2010 : la Fraternity Cup, le sport et la culture comme leviers de « vivre ensemble »
En 2010, la Fédération lance la première Fraternity Cup (initiée dès 2006 lors de la Fête de la musique sur l’esplanade de l’Hôtel de Ville de Paris). Le principe : réunir, autour du sport et de la culture, des enfants issus de milieux défavorisés, accompagnés par des associations membres tout au long de l’année, et venus du monde entier, avec un objectif éducatif clair : dialogue interculturel, parité, non-violence, lutte contre les discriminations.

2015 : le plaidoyer international au cœur de l’action
En 2015, La Voix De l’Enfant remet au Comité des Droits de l’Enfant de l’ONU un rapport alternatif sur l’application par la France de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant est auditionnée et participe à la session à Genève.
C’est l’autre pilier historique de la fédération : agir sur le terrain, mais aussi faire évoluer les pratiques et les décisions publiques et politiques à l’international.
2018 : une dynamique de programmes structurants
Cette année-là, plusieurs dispositifs existants sont étendus à l’ensemble du territoire à l’image du déploiement des UAMJP et Salles de Confrontation Protégée (SCP) partout en France, 20 ans après la loi du 17 juin 1998, et la première permanence d’accueil.
L’international n’est pas en reste avec le lancement d’un programme de grande envergure pour l’établissement numérique de l’état civil de plusieurs centaines de milliers d’enfants dans le monde, s’inscrivant dans la continuité du programme d’état civil engagé dès 1996.
Les années 2020 : défendre, porter la voix, faire évoluer les pratiques
La Voix De l’Enfant, c’est aussi un travail de défense et de justice : se constituer partie civile, pour faire reconnaître la souffrance et les droits des enfants victimes, mettre en lumière les dysfonctionnements et faire progresser la prévention.
Côté plaidoyer, la fédération mène un travail continu avec de nombreuses instances (administratives, politiques, institutionnelles et associatives) pour que les droits de l’enfant soient effectifs et non pas uniquement proclamés. Elle est aujourd’hui accompagnée par plus de trente avocats qui travaillent sur une soixantaine de dossiers d’enfants victimes de toute forme de violence, jusqu’aux cas d’infanticide.
Un combat pilier : le droit à une identité
Un enfant sans état civil est un enfant sans droit. On l’oublie souvent, mais sans état civil, un enfant n’existe pas légalement. Il ne peut ni être soigné, ni scolarisé, et devient une proie facile pour les trafiquants et les prédateurs.
Depuis plus de 25 ans, La Voix De l’Enfant mène des campagnes mondiales pour que tout enfant ait un nom et une nationalité. En Afrique et en Asie, grâce aux programmes de proximité de la fédération, plus d’un million d’enfants se sont vus délivrer un acte de naissance.
L’exemple le plus emblématique des actions menées par La Voix De l’Enfant : le programme « Un état civil pour les enfants du Nord-Kivu » (République démocratique du Congo), lancé en avril 2022.

45 ans… et toujours la même boussole : fédérer pour agir
En 2026, La Voix De l’Enfant est une fédération reconnue d’utilité publique, qui agit en France et dans le monde, dans six domaines d’intervention – Droit à une identité, Protection et défense, Accueil et écoute, Scolarisation et soins, Culture et sports, Plaidoyer -, avec 70 associations membres présentes dans 82 pays.
Tout au long de ces 45 ans, La Voix De l’Enfant s’est construite en tenant ensemble l’urgence et le développement, le terrain et le plaidoyer, l’écoute et la défense. En 2026, pour ses 45 ans, La Voix De l’Enfant poursuit ce combat. Parce que les droits de l’enfant ne sont jamais acquis. Parce que derrière chaque chiffre, il y a une histoire. Et parce qu’un enfant sans voix mérite que nous levions la chape qui le réduit au silence.
Les grandes batailles d’aujourd’hui
45 ans, ce sont des aventures humaines, c’est une histoire… mais surtout un cap : continuer à protéger, écouter, défendre, promouvoir des droits, et faire évoluer les pratiques pour que chaque enfant puisse grandir et s’épanouir en sécurité et dans la dignité.
1) Écouter et soigner les enfants victimes de violences : les UAPED
On compte aujourd’hui en France plus de 100 UAPED dont 90 ont été initiées et accompagnées par La Voix De l’Enfant.
- En 2024, plus de 9 300 auditions ont été réalisées.
- En 2025, un nouveau protocole avec notre association partenaire Adap’ton chien a permis de former et d’accueillir 5 nouveaux chiens de soutien émotionnel en UAPED.
- En 2026, une dizaine d’UAPED et de nouveaux projets seront déployés, et 6 nouveaux chiens accueillis.
- La Voix De l’Enfant appelle de ses vœux une coordination nationale des UAPED.

2) Défendre : faire entendre la voix des enfants devant la justice
La Fédération se constitue partie civile pour porter la voix des enfants victimes et mettre en lumière les dysfonctionnements afin de prévenir de nouvelles violences.
- En 2024, La Voix De l’Enfant s’est portée partie civile dans 17 procès et s’appuie sur un collectif d’environ 30 avocats.
3) Donner une identité : le combat continue
Garantir une identité légale, c’est donner accès à l’école, aux soins, à la protection. La Voix De l’Enfant continue de porter des projets d’état civil avec des partenaires locaux et institutionnels.
- En juillet 2025, grâce au soutien de nos partenaires institutionnels, l’Agence Française de Développement (AFD) et l’Association Internationale des Maires Francophones (AIMF), des principaux financeurs privés, l’Association Mondiale des Amis de l’Enfance (AMADE) et la Fondation Maurice & Ute Genoyer, et à l’engagement sans faille de la LIDE, 279 290 enfants du Nord-Kivu ont été enregistrés à l’état civil en trois ans (principalement dans les territoires de Goma, Beni, Lubero).
4) Scolarisation : accompagner les enfants et les familles
Depuis de nombreuses années, La Voix De l’Enfant et ses partenaires, dont le Fonds de dotation DEMAIN, les Fondations PROMAN et DONAS, ou le Rotary Club de Puteaux, se mobilisent pour offrir aux enfants défavorisés une rentrée scolaire dans les meilleures conditions.
- En 2025, près de 800 kits scolaires ont été distribués pour la rentrée.
- En 2024, plus de 700 kits avaient également été offerts aux enfants défavorisés, ainsi que des kits d’accompagnement à leurs familles.

5) Une action fédérative : démultiplier l’impact grâce au réseau
La Voix De l’Enfant, c’est une fédération qui s’appuie sur un réseau de plus de 70 associations membres et amies avec une capacité d’intervention dans plus de 80 pays.
C’est aussi une organisation qui a fait le choix d’une équipe resserrée pour prioriser le travail en réseau, limiter les frais de fonctionnement, et donner la priorité aux programmes au profit des enfants.
| 45 ans d’engagement et d’actions (1981–2026). |
| 70 associations membres. |
| 82 pays d’intervention. |
| 100+ UAPED en France, dont 93 avec une salle d’audition conforme. |
| 17 parties civiles en 2024 / une douzaine en 2025 et plus encore en 2026, affaires plaidées avec ses 40 avocats mobilisés. |
| Des dizaines de milliers d’enfants scolarisés. |
| Nord-Kivu : ~230 000 enfants avec une identité légale via le projet au Nord-Kivu, dont 150 000+ actes remis lors de cérémonies (fin 2024). |
Et si les 45 ans de La Voix De l’Enfant étaient aussi l’occasion d’agir ?
En 45 ans, le monde a changé, les menaces se sont parfois déplacées (cyberharcèlement, prostitution des mineurs en hausse), mais la détermination de La Voix De l’Enfant est restée intacte.
Nous ne fêtons pas seulement un anniversaire, nous célébrons la résilience. Celle des enfants que nous avons accompagnés et qui sont aujourd’hui des adultes debout. Et celle des enfants que nous accompagnons aujourd’hui et qui seront les acteurs du monde de demain.
Notre combat, c’est leur avenir. Merci à tous nos donateurs, bénévoles et partenaires qui, depuis 1981, nous permettent d’être cette voix qui refuse la fatalité, qui refuse de se taire.
En 2026, La Voix De l’Enfant continue. Avec vous.

45 ans, c’est une histoire… Mais surtout une responsabilité
Parce que les droits de l’enfant ne se gagnent jamais « une bonne fois pour toutes », en 2026, La Voix De l’Enfant continue d’agir là où l’urgence est réelle : protéger, écouter, soigner, défendre… et faire avancer les bonnes pratiques.
C’est pourquoi nous avons besoin de votre soutien. Aidez-nous à amplifier notre action en soutenant la fédération (don, mécénat, partenariat d’entreprise…). Ensemble, agissons à hauteur d’enfant.
Vous êtes une entreprise et vous souhaitez donner du sens à votre engagement RSE ?
Si vous êtes une entreprise, une fondation ou une organisation, 2026 est aussi « le moment de rejoindre » la communauté des partenaires de La Voix De l’Enfant : mécénat financier, soutien en nature, opérations solidaires, mobilisation interne, mécénat de compétence… Ensemble, écrivons une collaboration qui compte.
Vous êtes un particulier ?
La souffrance d’un enfant nous est à chacune et chacun de nous insupportable. C’est pourquoi, au sein de La Voix De l’Enfant, nous sommes engagés depuis 45 ans en faveur de l’écoute et de la défense de tout enfant en détresse, quel qu’il soit et où qu’il soit.
Aidez-nous à poursuivre nos actions de soutien à nos associations membres en faisant un don à La Voix De l’Enfant.
D’avance, merci pour votre générosité, votre aide : à La Voix De l’Enfant, plus de 80 % des dons reçus partent sur le terrain, pour les enfants !
Vous pouvez aussi faire un don par virement ou par chèque à l’ordre de La Voix De l’Enfant en l’envoyant à :
La Voix De l’Enfant
Tour ESSOR – 14/16, rue Scandicci
93500 PANTIN
Ou également par virement bancaire en renseignant les coordonnées ci-dessous :
- IBAN (International Bank Account Number) : FR76 1027 8060 4200 0213 3884 021
- BIC (Bank Identifier Code) : CMCIFR2A
Un reçu fiscal vous sera alors adressé par voie postale dans les semaines suivant votre don.
Pour rappel, la réduction d’impôt est égale à 75% du montant des sommes versées retenues, dans la limite de 20% du revenu imposable. Lorsque les dons excèdent la limite de 20%, l’excédent est reporté successivement sur les cinq années suivantes et ouvre droit à réduction d’impôt dans les mêmes conditions.
Un don de 100 euros ne vous coûtera que 25 euros après déduction fiscale !
